Politique

Ingerence diplomatique : quand Fritz Alphonse Jean récolte ce qu’il a semé

Alors que Fritz Alphonse Jean dénonce aujourd’hui avec véhémence ce qu’il qualifie d’« ingérence diplomatique » dans les affaires internes du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), plusieurs faits documentés et témoignages internes rappellent que c’est lui-même qui, durant sa présidence du CPT, avait ouvert la porte à cette pratique en sollicitant l’intervention répétée de diplomates étrangers contre ses propres collègues conseillers-présidents.

Selon des sources proches du CPT, Fritz Alphonse Jean entretenait des relations constantes dans les couloirs des ambassades américaine, canadienne, française ainsi qu’auprès du BINUH. Des démarches diplomatiques ciblées avaient été entreprises pour exiger le départ des trois conseillers-présidents indexés dans le dossier de la BNC : Louis Gérald Gilles, Smith Augustin et Emmanuel Vertilaire.

Plusieurs rencontres avaient même été orchestrées directement à la Villa d’Accueil avec l’ambassadeur américain Dennis Hankins, l’ambassadeur du Canada et la représentante du BINUH. L’objectif était clair : pousser ces trois conseillers à quitter le Conseil pour lui donner plus de pouvoir.

Toujours selon les informations recueillies, Fritz Jean avait demandé à l’ambassadeur Hankins de sanctionner les trois conseillers pour corruption et soupçon de corruption, ce que ambassadeur Hanskins avait refusé de faire. Sous sa présidence, le visa du conseiller Louis Gérald Gilles avait été retiré à la demande expresse de Fritz Jean, tandis que celui d’Emmanuel Vertilaire avait été refusé pour une mission officielle à Washington. Concernant Smith Augustin, Fritz Jean s’était particulièrement opposé à son voyage à l’OEA. La simple publication d’un communiqué officiel de cette mission sur la page officielle présidentielle avait valu à plusieurs membres de l’équipe de communication du Palais national un limogeage immédiat, sous pression directe du président du CPT de l’époque Fritz Alphonse Jean.

Dans le même esprit, Fritz Alphonse Jean exigeait que toutes les publications mentionnant Gilles, Augustin ou Vertilaire soient soumises à sa validation personnelle avant diffusion. Les conseillers-présidents ciblés, eux, dénonçaient une tentative de contrôle politique et institutionnel contraire au fonctionnement collégial du CPT.

Autre épisode marquant : Fritz Jean avait demandé au chargé d’affaires américain Henry T. Woster de convoquer les trois conseillers chez lui afin d’accentuer la pression. Peu avant la fin de son mandat, il les avait également convoqués dans son bureau pour leur demander de démissionner au nom de ce que souhaitait, selon lui, la diplomatie américaine. Une requête sèchement rejetée par les trois conseiller-présidents.

Des témoignages internes signalent aussi que Fritz Jean pénétrait souvent dans la salle des conseillers sans adresser le moindre salut aux trois collègues qu’il cherchait à écarter, une attitude qualifiée d’hostile et de méprisante par plusieurs employés.

Aujourd’hui, alors que Fritz Alphonse Jean crie à l’ingérence étrangère contre lui, de nombreux observateurs et membres du CPT s’interrogent : n’est-il pas confronté exactement à la même mécanique qu’il avait lui-même déclenchée contre ses pairs? Les trois conseillers qu’il voulait pousser dehors adopteront-ils la même posture de résistance ou laisseront-ils la diplomatie internationale faire son cours?

Une chose est sûre : dans ce dossier, les faits soulèvent une question incontournable. Comment Fritz Alphonse Jean peut-il dénoncer une ingérence qu’il a lui-même encouragée, sollicitée et institutionnalisée lorsqu’elle servait ses ambitions? Et surtout, comment demander aujourd’hui la solidarité de ses pairs lorsqu’il a lui-même tenté, par des voies diplomatiques, de les faire tomber?

Desk Report

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