Selon Pierre Espérance, plusieurs conseillers-présidents du Conseil présidentiel de transition (CPT) entretenus des relations étroites avec des groupes armés. Il cite notamment Louis Gérald Gilles, Smith Augustin et Edgard Leblanc Fils, ainsi que d’autres figures qu’il considère comme partie prenante d’un système de compromission avec les gangs.
Dans cette logique, Pierre Espérance estime que les manœuvres visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ne relèveraient pas uniquement d’un désaccord politique classique, mais d’une volonté de freiner les avancées sécuritaires enregistrées ces dernières semaines contre les gangs. Il soutient que l’intensification des opérations, la reprise de certains territoires et la pression accrue exercée sur les réseaux criminels dérangent des intérêts établis au sommet de l’État, ce qui expliquerait la montée des tensions et les tentatives de recomposition au sein de l’exécutif.
Toujours selon lui, derrière les discours institutionnels, l’objectif réel serait de reprendre le contrôle de l’appareil sécuritaire et de réinstaller un rapport de force favorable aux gangs, au moment même où la dynamique semble évoluer sur le terrain. Dans ce contexte, la question du maintien du Premier ministre devient, aux yeux de Pierre Espérance, un enjeu central : soit l’État consolide la lutte contre l’insécurité, soit il cède à des calculs politiques qui risquent de replonger le pays dans l’instabilité.


