Port-au-Prince, 26 janvier 2026 — Le ministère de l’Économie et des Finances se retrouve au cœur d’une tempête politique et judiciaire. Selon des informations recueillies par Roudy Sanon, l’actuel ministre Alfred Fils Metellus se retrouve dans une situation critique. Des sources concordantes indiquent que des mesures se préparent contre lui et qu’il perdra son poste dans les prochains jours, dans un dossier de détournement de fonds publics lié à une tentative de renversement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
D’après nos informations, ce dossier prend une tournure explosive : il ne s’agit pas seulement d’une affaire de mauvaise gestion, mais d’une utilisation présumée de l’argent de l’État comme levier politique pour déstabiliser le chef du gouvernement et imposer un changement de pouvoir au sommet de l’exécutif.
De l’argent distribué pour une résolution
Selon Rudy Sanon, lors de son émission #Sesanouvle diffusée ce lundi 26 janvier, le ministre Alfred Fils Metellus distribue de fortes sommes d’argent à plusieurs conseillers-présidents afin d’obtenir leurs signatures sur la résolution visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Le journaliste affirme que tous les conseillers-présidents recevaient ces fonds, à l’exception de Laurent St-Cyr et des membres observateurs.
Cette version, confirmée par des sources proches du dossier, renforce l’idée d’un mécanisme de corruption institutionnelle au cœur même de la transition. Dans ce schéma, la signature d’un projet de résolution politique devient une transaction, et l’argent public sert à influencer une décision majeure qui engage l’avenir du pays.
Des “projets bidon” comme couverture
Toujours selon Rudy Sanon, les fonds utilisés proviennent de projets fictifs et injustifiables, présentés comme des dépenses publiques normales alors qu’ils ne reposent sur aucune base solide. Dans cette logique, l’argent sort des caisses de l’État à travers des montages administratifs opaques, puis alimente une opération de marchandage politique au sein du CPT.
Ces révélations choquent d’autant plus que le pays traverse une crise multidimensionnelle : insécurité, inflation, paralysie économique, effondrement des services publics. Pendant que la population cherche des réponses, des ressources publiques servent à financer des manœuvres de déstabilisation au sommet de l’État.
Louis Gérald Gilles comme instigateur
Le journaliste Rudy Sanon désigne le conseiller-président Louis Gérald Gilles comme l’un des principaux instigateurs de cette opération. Cette accusation prend une dimension encore plus grave dans la mesure où Louis Gérald Gilles fait déjà l’objet de sanctions américaines pour son implication dans le financement des gangs armés.
Dans les coulisses de la transition, ce dossier alimente une inquiétude majeure : des acteurs politiques liés à des scandales, contestés dans l’opinion, accusés de corruption ou associés à des réseaux des gangs, continuent d’agir comme s’ils avaient carte blanche pour orienter la gouvernance nationale.
Ces informations aggravent la crise de confiance qui frappe déjà le Conseil Présidentiel de Transition. Depuis plusieurs jours, la résolution visant à révoquer le Premier ministre provoque une onde de choc dans le pays et suscite de fortes tensions au sommet de l’État. L’opinion publique assiste à une bataille interne, alors que l’urgence nationale impose une cohésion totale face aux gangs.
Dans ce contexte, l’idée que des fonds publics financent une opération politique interne transforme une crise institutionnelle en scandale d’État. Car la question n’est plus seulement “qui dirige”, mais “à quel prix et avec quel argent”.
Pendant que certains manœuvrent, l’État se bat sur le terrain
Au même moment, sur le terrain, la dynamique est tout autre. Tandis que certains acteurs s’enferment dans des calculs politiques et alimentent la crise au sommet, Laurent St-Cyr et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé maintiennent le cap et intensifient l’offensive contre les gangs, multipliant les réunions de sécurité et les visites de supervision aux côtés de la PNH et des forces engagées. Les autorités restent à pied d’œuvre : hier au Champs-de-Mars, avec la Police nationale d’Haïti, et aujourd’hui au Grand Quartier Général, avec le ministre de la Défense et le haut commandement des Forces Armées d’Haïti, dans une mobilisation visant à rétablir l’ordre public, la stabilité et l’autorité de l’État.
La priorité nationale reste la même : rétablir l’ordre, garantir la libre circulation, protéger la population et créer les conditions nécessaires à des élections crédibles. Cette bataille exige de la stabilité, pas des intrigues.
La justice avance, l’État tranche
Dans les prochaines heures, les autorités judiciaires et les institutions de contrôle avancent sur ce dossier. Des sources indiquent que des décisions tombent rapidement. Si les faits se confirment, Alfred Fils Metellus perd son poste et répond devant la justice.
Ce dossier devient un test majeur pour la transition : soit l’État démontre qu’il existe encore une ligne rouge et que l’argent public ne sert pas à acheter des décisions politiques, soit la crise s’enracine davantage, avec un pays livré aux gangs sur le terrain et aux marchandages au sommet.
Une chose est certaine : Haïti entre dans une séquence où chaque institution se retrouve face à sa responsabilité. Et la population, elle, exige des actes, des résultats et une gouvernance qui sert enfin l’intérêt national.


