Port-au-Prince — La pression internationale semble entrer dans une phase plus concrète alors que la transition haïtienne s’enlise dans une nouvelle crise politique. Selon des informations rapportées par des sources concordantes, le Canada et les États-Unis s’apprêteraient à passer à l’action contre l’entourage de certains responsables haïtiens accusés d’alimenter l’instabilité, dans un contexte marqué par des manœuvres visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à seulement quinze jours de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), fixée au 7 février 2026.
D’après ces sources, la fille du conseiller-président Louis Gérald Gilles, actuellement étudiante au Canada, ferait l’objet d’une procédure qui pourrait conduire à son expulsion vers Haïti. Toujours selon ces mêmes informations, une notification officielle pourrait lui être signifiée dès aujourd’hui, avec un délai de 72 heures pour quitter le territoire canadien, et son départ pourrait intervenir dès la semaine prochaine.
Aux États-Unis, des mesures similaires pourraient également concerner des proches de figures politiques associées aux tensions actuelles. Selon les mêmes sources, les enfants de Moïse Jean-Charles, qui bénéficieraient d’un statut de réfugié (asile politique), pourraient être visés par des décisions de renvoi, dans un contexte où Washington multiplie les signaux de fermeté à l’égard des acteurs politiques soupçonnés de soutenir des groupes armés ou de contribuer à la déstabilisation institutionnelle.
Ces informations interviennent alors que les partenaires internationaux ont publiquement durci leur discours. Washington, via plusieurs canaux officiels, a jugé illégale toute annonce ou démarche du CPT visant à modifier la composition du gouvernement à ce stade avancé de la transition, estimant qu’une telle initiative fragiliserait la lutte contre les gangs et la stabilité du pays. Les États-Unis ont également averti que les politiciens corrompus soutenant des gangs “paieraient un prix élevé”.
De son côté, le Canada s’est dit profondément préoccupé par les tentatives de certains membres du CPT de remplacer le Premier ministre à quelques jours de la fin de leur mandat, soulignant qu’une telle action ne ferait qu’affaiblir la stabilité et la sécurité du pays. Ottawa a aussi déclaré être prêt à prendre des mesures contre tout acteur dont les actions compromettent la paix, la sécurité et la stabilité d’Haïti.
Selon des observateurs, ces démarches viseraient à envoyer un message dissuasif : la communauté internationale ne tolérerait plus les calculs personnels et les manœuvres de dernière minute au sommet de l’État, surtout si elles risquent de ralentir les opérations contre les gangs ou de replonger le pays dans une crise institutionnelle.
Toujours selon des sources concordantes, d’autres conseillers-présidents et leurs proches tel que Smith Augustin, Edgard Leblanc Fils et Claude Joseph pourraient être concernés par des mesures similaires dans les prochains jours, notamment parmi ceux cités dans les débats actuels autour de l’instabilité politique.
À mesure que l’échéance du 7 février approche, la pression s’accentue. Et dans un pays où la sécurité demeure la principale urgence nationale, les décisions à venir pourraient peser lourd sur l’équilibre déjà fragile de la transition.
