Politique

Claude Joseph vole au secours de Fritz Jean : indignation calculée, mémoire sélective et patriotisme de façade

Le dernier tweet de Claude Joseph, se présentant comme défenseur intraitable de la souveraineté nationale, a de quoi laisser perplexe. En s’érigeant soudain en bouclier pour Fritz Alphonse Jean, dont le visa a été retiré par le Département d’État américain pour ses alliances suspectes avec des gangs armés et d’autres activités criminelles, l’ancien Premier ministre ai de Jovenel Moïse offre une démonstration presque parfaite de ce que signifie l’hypocrisie politique en Haïti.

Claude Joseph parle de solidarité, de courage, d’ingérence inacceptable. Mais il se garde bien de nommer l’essentiel : si Washington a frappé, ce n’est pas « par caprice diplomatique ». C’est en raison d’informations lourdes, précises, concordantes concernant les relations de Fritz Jean avec des acteurs violents et des réseaux criminels qui participent à la déstabilisation du pays. Omettre ce point central revient à trafiquer la vérité. Et c’est exactement ce que fait Claude Joseph.

Une indignation à géométrie variable

Le même homme qui, hier encore, validait sans sourciller la création d’un Conseil Présidentiel façonné par Washington, se découvre aujourd’hui une âme de résistant anti-impérialiste. Il accuse les ambassades de « menaces », mais oublie que ce sont précisément ces ambassades qui lui ont donné sa propre plateforme politique et permis de peser à la table du CPT. Aujourd’hui, lorsqu’un proche allié est sanctionné pour ses liens avec des gangs, l’argument change : l’ingérence devient soudain insupportable. Quelle cohérence ?

Un patriotisme de circonstance

Claude Joseph affirme s’opposer aux « diktats étrangers ». Pourtant, lorsque les États-Unis ont bloqué Ariel Henry en déhors du pays et imposé la formule du CPT, et favorisé l’émergence d’une transition non élue, personne ne l’a entendu dénoncer un affront à la souveraineté. Au contraire : il a choisi son représentant Smith Augustin, participé au modèle politique proposé par Washington et profité de sa légitimité.

Comment peut-il aujourd’hui se draper dans un patriotisme indigné dès que les décisions américaines ne vont plus dans son sens ?

Le patriotisme n’est pas un vêtement que l’on enfile selon les opportunités.

Sanctionner les alliances criminelles n’est pas une ingérence : c’est une nécessité

La révocation du visa de Fritz Alphonse Jean n’a rien d’un caprice politique. Elle reflète un constat grave partagé par plusieurs partenaires internationaux : certaines alliances et tractations au sein du CPT constituent une menace directe à la stabilité déjà fragile du pays. Face à cela, Claude Joseph préfère attaquer Washington plutôt que de confronter une vérité dérangeante : une partie du leadership haïtien flirte trop facilement avec des réseaux criminels. C’est cette complaisance qui détruit Haïti, pas les déclarations diplomatiques.

Silence stratégique de Moïse Jean-Charles : prudence ou opportunisme ?

Enfin, et cela ne passe pas inaperçu, Moïse Jean-Charles n’a absolument pas pipé mot sur la sanction contre Fritz Jean.
Étonnant, quand on se souvient que Moïse et Fritz ont toujours nourri une rivalité profonde venue du Nord… mais savent parfaitement s’allier lorsque leurs intérêts personnels convergent. Alors, que signifie ce silence ?
Est-ce que la sanction de Fritz arrange Moïse en coulisses ? Ou Moïse se tait-il parce qu’il sait que sa propre famille bénéficie d’un statut d’immigrant aux États-Unis, sous protection d’asile politique, et que toute réaction trop agressive pourrait braquer Washington… et mettre en péril ce statut ?

Car, contrairement à Claude Joseph, Moïse ne bénéficie ni de résidence permanente américaine, ni d’une famille citoyenne américaine. Claude peut se permettre de faire du bruit, protégé par ses papiers. Moïse, lui, marche sur des œufs.

Dans ce théâtre politique où chacun calcule ses mots en fonction de ses intérêts, de ses ambitions et visiblement de son statut migratoire, le patriotisme devient un masque, et la vérité un dommage collatéral. Haïti mérite mieux que ces jeux d’ombres et de faux courage.

Desk Report

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