Politique

Conseil présidentiel : le veto de Laurent Saint-Cyr ravive une crise de gouvernance

Une nouvelle crise secoue le Conseil présidentiel de transition (CPT), mettant en lumière de profondes divisions internes et ravivant les inquiétudes autour de la gouvernance du pays. À l’origine des tensions : le blocage des nominations à la tête de plusieurs directions générales stratégiques, à l’issue d’une réunion qualifiée de particulièrement houleuse entre les conseillers-présidents.

Selon des informations recueillies auprès de sources proches du CPT, la question des changements envisagés au niveau de certaines directions générales avait pourtant fait l’objet d’un vote qualifié, réunissant cinq voix sur sept. Laurent Saint-Cyr impose ainsi son veto au CPT, malgré un vote qualifié de 5 sur 7, et impose sa ligne au profit du secteur privé des affaires, dénoncent plusieurs observateurs internes.

Cette décision a provoqué une vive réaction au sein du Conseil. Le conseiller Smith Augustin a choisi de boycotter la séance du Conseil des ministres qui a suivi, quittant la réunion en signe de protestation. Il conteste ce qu’il considère comme un usage abusif du droit de veto par le président du CPT, exercé, selon lui, avec l’appui tacite de certains collègues.

D’après une source proche du dossier, cette situation s’inscrit dans une dynamique plus large de luttes d’influence autour du contrôle d’institutions publiques clés. Après la prise de contrôle de plusieurs entités stratégiques — notamment l’Administration générale des douanes (AGD), l’Office national d’assurance vieillesse (ONA) et l’Autorité portuaire nationale (APN) — le secteur privé chercherait désormais à étendre son influence à d’autres postes de décision au sein de l’appareil d’État.

Toutefois, toujours selon cette source, Laurent Saint-Cyr ne disposerait pas, à ce stade, de la majorité requise pour imposer de nouvelles nominations dans le respect des règles démocratiques qui régissent le fonctionnement du Conseil présidentiel. « Dans tout système démocratique, les décisions structurantes doivent être prises à la majorité qualifiée, et non imposées par un veto individuel », confie un proche du CPT.

Les tensions se seraient encore accentuées à la suite d’une rencontre tenue la veille entre Laurent Saint-Cyr et des représentants du secteur privé. Au cours de cette réunion, instruction lui aurait été donnée de tout mettre en œuvre pour bloquer toute nouvelle nomination jusqu’au 7 février, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition. L’objectif serait de lui permettre de se retrouver en position dominante, voire unique, à la tête de l’organe exécutif.

Toujours selon les mêmes sources, Laurent Saint-Cyr aurait assuré à ses soutiens que, une fois ses collègues écartés, il leur ouvrirait un accès élargi aux leviers de l’État, notamment au système financier public, afin de poursuivre un agenda visant le contrôle du pouvoir politique après celui du pouvoir économique.

Cette crise interne, marquée par des boycotts, des veto controversés et des accusations de collusion, soulève de sérieuses interrogations sur la capacité du Conseil présidentiel de transition à remplir sa mission dans un climat de collégialité, de transparence et de respect des principes démocratiques. À moins d’un sursaut institutionnel, ces fractures pourraient fragiliser davantage un processus de transition déjà sous forte pression nationale et internationale.

Desk Report

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