Politique

Crise politique : Moïse Jean-Charles, Fritz Jean et Claude Joseph, ces faux nationalistes qui oublient d’où vient leur pouvoir

Ces leaders dénoncent aujourd’hui ce qu’ils ont accepté hier sans scrupules

Depuis la diffusion d’un message ferme de Washington appelant au maintien du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à la tête du gouvernement, certains membres influents de la classe politique haïtienne — Moïse Jean-Charles, Fritz Alphonse Jean et Claude Joseph — se montrent subitement indignés. Les trois hommes dénoncent ce qu’ils appellent une ingérence étrangère. Leur colère sonne pourtant étrangement creux.

Car il faut le rappeler : ce sont les mêmes États-Unis qu’ils accusent aujourd’hui qui ont été, hier encore, les architectes directs de leur propre accession au pouvoir.

Lorsque Washington a décidé d’écarter Ariel Henry, au point d’empêcher même son avion d’atterrir en République dominicaine, ce n’est un secret pour personne : les Américains ont ensuite proposé la création d’un Conseil Présidentiel de Transition.
Qui a choisi les représentants de ce Conseil ?
Moïse Jean-Charles et Claude Joseph.
Qui a accepté d’en faire partie ?
Fritz Alphonse Jean.

Un collège présidentiel sans élections, imposé par des puissances étrangères, accepté sans hésitation par ceux-là mêmes qui, aujourd’hui, s’autoproclament gardiens de la souveraineté nationale.

Comment peut-on accepter sans scrupules de prendre un pouvoir façonné, validé et livré par une puissance étrangère, puis crier ensuite à l’ingérence quand la même puissance envoie un message qui ne vous arrange plus politiquement ?

Ceux qui, hier, applaudissaient les arrangements diplomatiques parce qu’ils y gagnaient une place au pouvoir, dénoncent aujourd’hui ces mêmes arrangements parce qu’ils menacent leurs ambitions personnelles. Une indignation sur commande, un nationalisme de circonstance.

Haïti n’avancera jamais si elle continue à tolérer ces contorsions politiques, ces discours double-face, ces populismes bon marché qui changent selon la direction du vent et les opportunités de fauteuil.

Il est temps qu’un véritable travail de mémoire soit entrepris dans ce pays.
Il est temps de rappeler aux hypocrites et aux populistes leur place réelle dans l’histoire contemporaine : celle d’acteurs qui ont accepté un pouvoir sans élections, qui ont bénéficié du soutien américain quand cela les servait, et qui jouent aujourd’hui les nationalistes offensés et vierges offensées uniquement parce que le message venu de Washington ne correspond plus à leurs plans.

Haïti mérite mieux que ces contradictions permanentes.
Haïti mérite des dirigeants cohérents, constants et honnêtes — pas des prétendants à géométrie variable qui se fabriquent un patriotisme de circonstance selon leurs intérêts du moment et qui se maquillent en nationalistes quand ça ne les arrange plus.

Desk Report

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