Les États-Unis ont révoqué le visa du conseiller-président Fritz Alphonse Jean, une décision lourde de sens qui confirme des inquiétudes partagées depuis des mois par divers milieux diplomatiques et sécuritaires. Selon une source diplomatique, la mesure découle d’un ensemble d’actions jugées subversives, menées par le conseiller et son équipe, avec pour objectif principal de renverser le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Fritz Jean accusé d’avoir orchestré un sabotage énergétique à Péligre
L’un des éléments les plus graves concerne une attaque contre la centrale hydroélectrique de Péligre. À Mirebalais, Fritz Alphonse Jean aurait coordonné l’opération avec Grégory Chévry, frère de l’ancien maire de Port-au-Prince Youri Chévry, afin de provoquer un blackout total dans la capitale. Selon les informations recueillies, le but était de créer un climat de panique généralisée et de pousser la population à se retourner contre le Premier ministre, accusé d’incompétence dans la gestion de la crise énergétique.
Cette manœuvre, surveillée par les services américains, aurait été l’un des premiers signaux d’alerte sur les intentions réelles du conseiller.
Alors que le Premier ministre se trouvait à Washington pour des rencontres diplomatiques, des sources indiquent que Fritz Jean cherchait à mobiliser le regroupement Viv Ansanm pour lui faire subir le même sort que l’ancien Premier ministre Ariel Henry. L’ex-gouverneur de la Banque Centrale aurait déclaré à ses proches qu’il était déterminé à provoquer la chute du gouvernement.
La semaine dernière, il aurait de nouveau tenté de manipuler les gangs associés à Viv Ansanm afin de créer une rareté artificielle de carburant sur le marché, une stratégie destinée à faire exploser le mécontentement populaire. C’est à ce moment précis que les services de renseignement américains, qui monitoraient ses activités, auraient décidé de demander la sanction immédiate du Département d’État.
Ce mardi, Fritz Jean a affirmé avoir été menacé par les ambassades américaine et canadienne s’il persistait dans sa volonté de limoger le Premier ministre. Sa sortie publique a été interprétée par plusieurs observateurs comme une tentative de détourner l’attention en se victimisant.
Mais cette dénonciation arrive après une longue série d’accusations. Des critiques évoquent des liens présumés avec le groupe Fantom 509 de Youri Chévry, des soupçons d’acheminement d’armes lourdes et de fonds du Trésor public à Guy Philippe pour empêcher l’installation de Laurent Saint-Cyr à la tête du CPT, ou encore un rôle dans le blocage du Terminal Varreux. Des alliances tactiques avec la coalition criminelle Viv Ansanm auraient également servi à boycotter les actions du gouvernement.
Certains membres du CPT affirment qu’il a capturé plusieurs institutions stratégiques, dont la Douane et le ministère de l’Éducation, pour les mettre au service de ses réseaux.
Autrefois considéré comme une voix intellectuelle crédible, Fritz Alphonse Jean est devenu l’une des figures les plus controversées du CPT. Son implication présumée dans des intrigues politiques, ses alliances fluctuantes et sa détermination à renverser le Premier ministre Fils-Aimé ont plongé l’organe collégial dans une instabilité chronique.
Plusieurs membres du CPT estiment que sa démission est aujourd’hui la seule voie possible pour préserver un minimum de stabilité institutionnelle. Pour eux, il s’agit d’un acte de dignité que le conseiller devrait poser.
Sanction, isolement et chute politique
La décision américaine a accéléré l’isolement de Fritz Alphonse Jean sur la scène politique. Désormais, les appels à son retrait définitif se multiplient. Son nom, qui fut un temps associé à l’analyse économique, s’enfonce aujourd’hui dans une spirale de controverses.
De nombreux observateurs estiment que son héritage politique restera marqué par l’échec, la trahison et la désorganisation institutionnelle, au moment même où le pays tente de se remettre sur les rails de la sécurité et de la stabilité.


