Politique

Corvington Jean et Sterline Civil : chronique d’un système où le journalisme devient une arme politique

​Le masque est tombé. Derrière la casquette de journaliste de Corvington Jean, co-propriétaire du média Metronome, se cache en réalité une entreprise de chantage politique bien rodée. En Haïti, le journalisme sert trop souvent de bouclier pour dissimuler des ambitions financières et des combines de bas étage. Le cas de Metronome en est la preuve flagrante : l’information y est traitée comme une marchandise que l’on tourne et retourne selon les intérêts du moment et la taille du chèque.

​Pour comprendre la méthode Corvington, il suffit de regarder ses positions sur le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Durant la période du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Metronome qualifiait sans détour Fils-Aimé de « Premier ministre de facto ». Mais la politique a ses raisons que la morale ignore : dès que le CPT a limogé Sterline Civil (la partenaire de Corvington) de son poste de Directrice Générale du Fonds National de l’Éducation (FNE) et que le CPT est parti, le ton a miraculeusement changé. Alix Didier Fils-Aimé est soudainement devenu « Le Premier ministre », bénéficiant d’un soutien à peine voilé du média.
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Pourquoi ce revirement ? Parce que le mouvement politique de Sterline Civil négociait en coulisses pour obtenir un ministère. Sterline Civil visait le Ministère des Haïtiens Vivant à l’Étranger (MHAVE) ou celui des Sports et de l’Action Civique (MJSAC). Manque de chance : elle a été recalée. Le deal a échoué. Aussitôt, la machine à boue de Metronome s’est remise en marche. Le Premier ministre est redevenu la cible numéro un, visé par des mensonges et des histoires inventées de toutes pièces. Les attaques actuelles ne sont rien d’autre qu’un signal de détresse : un « appelle-moi qu’on discute » déguisé en journalisme.

​Les caisses de l’État comme tirelire personnelle
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Le pouvoir d’influence de Corvington Jean ne s’est pas construit sur la vérité, mais sur des complicités financières douteuses. Comment expliquer qu’il ait pu obtenir un prêt de 40 millions de gourdes à la Banque Nationale de Crédit (BNC) alors qu’il n’était même pas éligible ? C’est le résultat d’une accointance directe avec le pouvoir. Et tout cela s’est passé grâce au Conseiller Présidentiel de l’époque Fritz Jean.

​Sous la direction de Julcène Edouard à l’Administration Générale des Douanes (AGD), Corvington avait les pleins pouvoirs et touchait chaque mois une allocation astronomique de 5 millions de gourdes en carburant. Plus grave encore : en complicité avec Hans Ludwig Joseph, Directeur Général de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), l’institution a été instrumentalisée. Des rapports ont été fabriqués sur mesure pour salir les grands commis de l’État qui refusaient de céder au chantage ou de financer les combines du patron de Metronome.
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La protection mutuelle était totale. Alors que la gestion de Sterline Civil au FNE était marquée par de graves cas de surfacturation, l’ULCC qui enquêtait déjà sur l’institution, a opportunément arrêté le circuit de recherche de son enquête pile au début de l’administration de Civil, fermant les yeux sur l’opacité totale de sa direction.

​Sterline Civil et « La Jenès Kisa W Vle » : La jeunesse sacrifiée sur l’autel de la corruption
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Sterline Civil incarnait, pour beaucoup, un espoir de renouveau au sein de la jeunesse haïtienne. Elle a finalement utilisé cette image pour achever le peu de dignité qui restait à la politique nationale. Sous sa coupe, le FNE est devenu le tiroir-caisse de son mouvement politique, La Jenès KiSA W vle.

​Le modus operandi au FNE était d’une opacité révoltante. Des subventions étaient accordées à des écoles à une seule condition : que les directeurs reversent une partie de l’argent directement dans les poches de Sterline Civil. Pire encore, les employés de l’institution ont été transformés en simples militants et activistes politiques au service de ses ambitions.

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Aujourd’hui, le mécanisme est grippé. La stratégie du chantage permanent a été découverte et le vide s’est fait autour de Corvington Jean. Plus personne ne veut s’associer à un système aussi toxique. Les vivres sont coupés.

Incapable de rembourser sa dette de 40 millions de gourdes à la BNC, le patron de Metronome s’agite et attaque pour tenter de retrouver l’influence perdue qui lui permettrait de négocier son ardoise. En mettant en avant Sterline Civil pour soutirer de l’argent, il tente désespérément de sauver ses intérêts financiers. Mais le public n’est plus dupe : ce n’est plus du journalisme, c’est de l’extorsion publique.

Desk Report

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